« Pourquoi le chat réagit avant que je voie l’action ? » Tout streameur connaît cette frustration : la latence, ce délai entre la capture et l’affichage. La réduire de 30 secondes à 2 change tout à l’interaction avec le public. Voici où se cache ce retard — et comment le combattre.
D’où vient la latence ?
Le retard s’accumule à chaque étape de la chaîne, comme des péages successifs :
- Capture & encodage — le temps de compresser l’image (quelques centaines de ms).
- Ingest — l’envoi vers le serveur, en RTMP ou, mieux, en SRT.
- Segmentation — le découpage en morceaux : la plus grosse source de délai en HLS/DASH.
- Tampon du lecteur — la réserve de sécurité côté spectateur pour éviter les coupures.
Le streaming HLS traditionnel, avec ses segments de 6 secondes et son tampon de 3 segments, explique à lui seul les fameuses 20-30 secondes de retard.
Les leviers, du plus simple au plus radical
1. Réduire la taille des segments
Passer de segments de 6 s à 2 s fait mécaniquement chuter la latence — au prix de plus de requêtes réseau. C’est le premier réglage, gratuit.
2. Adopter le LL-HLS ou le LL-DASH
Ces variantes basse latence utilisent des chunks partiels : le lecteur commence à jouer un segment avant qu’il soit complet. On tombe autour de 2 à 4 secondes, tout en gardant la compatibilité et le CDN.
3. Passer à WebRTC
Pour descendre sous la seconde, il faut changer de paradigme et adopter WebRTC. C’est la solution des plateformes interactives, mais elle complexifie la mise à l’échelle.
4. Soigner l’ingest : SRT plutôt que RTMP
Côté envoi, le vénérable RTMP montre son âge. Le protocole SRT, résistant aux pertes réseau, offre un flux plus stable et plus réactif, surtout sur des connexions imparfaites.
Le compromis inévitable
Réduire la latence, c’est réduire les tampons de sécurité — donc augmenter le risque de coupure sur une connexion instable. La bonne latence n’est pas la plus basse possible, mais la plus basse que votre public peut soutenir sans buffering. Un streamer e-sport et une chaîne d’information n’ont pas les mêmes besoins.
À retenir
La latence se gagne étape par étape : segments plus courts, LL-HLS, puis WebRTC pour le temps réel. Côté ingest, SRT stabilise le flux. Mais gardez en tête le compromis : moins de tampon, plus de réactivité, plus de risque. Visez le juste équilibre pour votre audience, pas le record.